La tour Hassan
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Exhalant une aura de majesté, la tour Hassan n’est jamais sans inspirer la curiosité dans les regards qui s’y posent : implantée dans une ville qui peut s’enorgueillir de compter un nombre élevé de mosquées, elle n’a jamais pu se matérialiser dans toute sa splendeur car sa construction n’a pas abouti.
Il n’en demeure pourtant pas moins qu’elle attire les visiteurs, probablement en raison de ce halo de dignité qui se dégage d’elle.
La tour Hassan
Avec ses cinquante mosquées, voire plus encore, Rabat est une ville qui aurait pu abriter une mosquée d’un grand prestige : la tour Hassan. Au conditionnel car même actuellement, cette dernière ne se matérialise dans toute sa splendeur que dans l’imagination de chacun. Elle n’a, de ce fait, jamais pu remplir la vocation à laquelle on la destinait, à l’origine : celle d’être un lieu dédié au culte. De cet édifice inachevé est née la tour Hassan qui n’est autre que ce minaret laissant voguer l’imagination vers ce qui devait endosser à la fois le rôle de plus grande mosquée du monde ainsi que celle du plus grand édifice religieux du monde. Malgré ces trois points de suspension qu’elle laisse subsister dans l’esprit de chacun, la tour Hassan figure parmi les monuments les plus célèbres de la ville dans laquelle elle est implantée. Rien de plus patent étant donné toute l’histoire qu’elle recèle à elle seule. A la base, sa construction fut, en effet, le fruit de l’ambition du sultan Yacoub El Mansour de faire construire la plus grande mosquée du monde musulman après celle de Samarra, en Irak. Ce fut au XIIe siècle. Mais après le décès dudit sultan, en 1199, les travaux furent vite abandonnés. Il en découla que la tour ne parvint jamais à atteindre la hauteur prévue qui est d’une soixantaine de mètres. Actuellement, elle se dresse dans toute sa majesté de haut de sa quarantaine de mètres.
Le temps et le tremblement de terre qui l’ont affectée ont tour à tour marqué la tour Hassan de leurs empreintes. Il en découle qu’actuellement, il n’en reste plus que le minaret, quelques colonnes et des pans de murs. Rien que des vestiges, certes, mais des vestiges qui connotent avec une grande maestria l’allure de la mosquée que l’on a initialement prévue de construire. Elle a, par ailleurs, su conserver un style très particulier : des éléments qui conjuguent leur particularité et oeuvrent pour faire du décor une alliance subtile de sobriété et d’un caractère ne laissant jamais place à l’ennui tant il est varié. Parallèlement, elle embaume tellement le parfum unique de l’art marocain traditionnel que l’on ne peut que saluer sa beauté atypique. La tour a été choisie comme le lieu du repos éternel des défunts roi Hassan et son père.
En plus de sa beauté et de l’histoire qu’elle renferme en elle, elle s’enrubanne aussi dans le mystère car, de la tour Hassan, l’on ne sait pas tout : on ignore l’origine de la dénomination de ce qui devait être une œuvre splendide. On ne sait, en effet, pas si cette appellation puise ses prémices d’un nom de lieu, d’un nom de tribu ou d’un nom du maître d’œuvre. En définitive, tout ce que l’on peut avancer avec certitude de cette esquisse de la magnificence dans tous ses états est que le début de sa construction date de 1196 et qu’elle a été inspirée par Yacoub El Mansour, appartenant à la dynastie Almohade. Avant de parvenir à matérialiser son ambition, il mourut. Ce qui causa l’abandon des travaux.
Description de la tour Hassan
L’avatar incontesté de la tour Hassan est ce minaret qui se dresse fièrement du haut de sa quarantaine de mètres. Les liens de parenté qui la rapprochent des célèbres Giralda de Seville et la Koutoubia de Marrakech revêtent un caractère patent lorsque l’on a l’occasion de constater sa grandeur et sa solidité. A cela, viennent s’ajouter sa beauté nue qu’incarnent superbement les éléments à la beauté subtile qui font partie de sa décoration. La tour Hassan s’érige comme l’avatar qui représente d’une manière superbe la dynastie almohade.
La tour repose sur un piédestal qui s’étend sur une superficie d’une dizaine de mètres de côté. Quant à son allure altière, elle la doit à cette quarantaine de mètres de hauteurs. Des proportions qui peuvent paraître impressionnantes mais qui le sont encore plus lorsque l’on sait qu’elle aurait dû mesurer le double.
Ses murs, quant à eux, méritent une mention particulière étant donné qu’ils ont été façonnés de manière à se distinguer par leur épaisseur. L’un d’eux ouvre la voie sur une rampe. Cette dernière mène vers le sommet de la tour. Parallèlement, un certain nombre de pièces se succèdent dans ce qui se pose comme le « point stratégique » de la tour tandis que l’on a veillé à matérialiser le classicisme dans décoration des faces extérieures du minaret.
La tour Hassan à travers le temps
La mort de Yacoub El Mansour a entraîné l’arrêt des travaux de construction de ces prémices d’une des plus grandes mosquées du monde. Les successeurs du sultan, par manque de temps ou de raison, ne trouvèrent pas le temps de procéder à l’achèvement des travaux, il en a découlé que l’édifice fut affecté par la dégradation tandis que les matériaux furent pillés au fur et à mesure que les années passaient. Le couronnement de cette « période noire » de la tour Hassan fut le tremblement de terre qui a achevé de détruire les colonnades.
La tour Hassan ne fut pas toujours ce monument emblématique de la ville de Rabat : il fut un moment où elle ne figurait aucunement parmi les sites fétiches de cette dernière. Ce, jusqu’à sa réhabilitation qui lui fit prendre un lustre nouveau. Actuellement, elle se dresse avec majesté, comme pour bien montrer la fierté des habitats de Rabat devant l’aura de puissance qu’elle dégage. D’ailleurs, le choix de l’édification du mausolée Mohammed V à ses pieds connote l’immense importance qu’elle revêt aux yeux des Marocains.

