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Les gorges de Selja

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Dans la partie méridionale de la Tunisie, l’on peut constater que le désert gagne en hauteur d’une manière lente mais certaine. Les montagnes qui semblent être pratiquement inviolables se dressent alors face au désert de sable et renferment des oasis. C’est ainsi que l’on peut voir de nombreuses formations rocheuses aux couleurs écarlates lesquels sont marqués par des canyons. Et c’est précisément le genre de paysage que l’on doit s’attendre à rencontrer dans les gorges de Selja. C’est dans cette vallée encaissée qui est longue de plusieurs kilomètres que coule l’oued Selja et qui se trouve entre les villes de Métlaoui et Rédéyef.

Un paysage magnifique

Le lit de l’oued Selja trace un chemin quelque peu tortueux et il est entouré par des escarpements vertigineux dont la hauteur avoisine les 10 mètres. Et ce sont ces gorges que l’on empruntera dans la mesure où l’on est désireux de faire connaissance avec les gisements de phosphates qui se trouvent dans la Métlaoui voisine. Et c’est ainsi que l’on voit surgir une voie de chemin de fer qui a été mise en place par la compagnie des phosphates et des chemins de fer. Elle a été édifiée à la fin du dix neuvième siècle dans le dessein de permettre aux trains de transporter le phosphate.

Actuellement, les visiteurs qui font la découverte des gorges de Selja sont plutôt intéressés par le magnifique paysage naturel qui est offert par ce site prodigieux. Et c’est un train à dessein touristique, le lézard rouge qui se fait le devoir d’organiser un circuit quotidien qui part de Métlaoui et qui a pour objectif de faire découvrir tous les trésors de la région. Le Lézard rouge fait plusieurs arrêts afin que ses voyageurs puissent se délecter du paysage environnant. Et la halte la plus exaltante et qui est la plus appréciées est sans aucun doute celle qui permet de découvrir l’endroit le plus évasé des gorges du Selja et au niveau duquel l’on peut admirer un cirque naturel.

Le lézard rouge

Le train qui donne la possibilité à ses nombreux passagers de faire la découverte des gorges de Selja n’est pas un train commun. L’engin effectue un trajet sur quelques 43 kilomètres sur une portion qui autrefois fut prise par des trains miniers qui évacuaient le phosphate.

Ses origines

C’est en 1910 qu’il est construit dans les ateliers Rouvain par la société française Dyle et Bacalon. A ses origines, il était exclusivement destiné à transporter le bey de Tunis et sa cour. L’engin est constitué par une voiture qui est réservé au bey, par une voiture pour la cour, par une voiture restaurant et deux autres fourgons qui reçoivent les bagages.

En 1922 et plus exactement à Sidi Fathallah la voiture du bey est transformée dans les ateliers de la Compagnie fermière des chemins de fer de Tunisie dans le but de l’adapter au réseau à voie métrique.

Du fait qu’il est originellement un véhicule royal, l’aménagement ainsi que la décoration de ce train légendaire sont particulièrement raffinés. Le confort de l’appareil n’a d’égal que le luxe de ses différentes cabines. Ses boiseries, ses velours bordeaux, sa marqueterie, les revêtements de son sol font de lui l’un des trains les plus prestigieux du début du vingtième siècle au même titre que l’Orient-Express, le Train bleu ou l’Étoile du nord.

Pendant sa prodigieuse carrière, le train est utilisé par les trois derniers souverains husseinites notamment Ali I Bey, Moncef Bey et Lamine Bey mais également par plusieurs personnalités étrangères en visite en Tunisie. Rappelant une époque désormais révolue, l’on préfère les voitures individuelles au train qui sont plus discrètes et ce dernier est remisé pendant plusieurs années.

En avril 1974, le train endosse l’appellation de Lézard rouge et il est de nouveau en service suite à une convention qui est conclue entre la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) et la société Transtours. Pendant une courte période, le train sert à desservir un circuit touristique entre Tunis et Tozeur effectuant un arrêt à El Jem où les passagers peuvent effectuer la visite d’un site archéologique.

Quelques années plus tard, le Lézard rouge est l’objet d’une révision technique est d’un réaménagement. Il redevient alors pleinement opérationnel en 1984 et est exploité d’une manière intensive. Le circuit est tout nouveau et le train circule désormais sur la portion du réseau qui relie Métlaoui à Rédéyef. Ce circuit permet de découvrir les gorges de Selja dans toute leur splendeur.

Le train

Il s’agit d’une locomotive diesel. Celle-ci tracte une rame laquelle est constituée de 6 voitures étincelantes qui sont peintes dans un rouge flamboyant. Il est agrémenté d’un bandeau de couleur jaune qui est accentué par un ruban noir et qui parcourt les flancs de l’engin. Les appellations de Lézard Rouge et de train touristique se trouvent inscrits en français et en arabe sur chacun de ses côtés. Pour ce qui est du sigle SNCFT, il est gravé dans une plaque de bronze.

Le train touristique proprement dit est constitué par une voiture – salon, par une voiture – bar et par 4 voitures aussi confortable les unes que les autres. Deux d’entre elles sont de première classe et qui sont véritablement prestigieuses.

Le train qui possède une capacité de plus de cent places est opérationnel quasiment tous les jours et les passagers qui partent de la gare de Métlaoui prennent le départ un peu avant midi. Le Lézard Rouge sillonne les célèbres gorges de Selja en soulignant que ces canyons ne sont accessibles que par le biais de ce train. Le retour se fait après plus d’une heure et demi de découvertes. Pour le plus grand bonheur des passagers, il est possible de rajouter des wagons additionnels. Il est également possible d’organiser des simulations d’attaques de train à la manière des films anciens. Les groupes de touristes ne pourront qu’être entièrement comblés par l’ambiance intemporelle des voyages à bord du Lézard Rouge.