Madagascar, un pays plein d’histoire.
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Au Xe siècle, les premiers habitants de Madagascar furent les Antalaotra. Cette population ancienne qualifiée de protomalgache par les historiens avait occupé les côtes bordant le Canal de Mozambique. Ces premiers occupants de l’île étaient des arabes musulmans et ils s’installèrent comme commerçants. Ils sont les principaux artisans de l’islamisation de la côte septentrionale malgache et même des Comores. Ces islamisés établis sur les côtes de la grande île perpétuent leur foi musulmane avec des textes écrits en langue locale inspirée de l’arabe : c’est le Sorabe, la première écriture malgache. Ces Antalaotra ont fini par être absorbés par la population dont certains (tribus Antaimoro) revendiquent encore aujourd’hui une ascendance arabe.
Ultérieure à l’arrivée des islamiques, plusieurs vagues d’immigration se sont succédées au cours des siècles. S’appuyant sur des données archéologiques et ethnologiques, les chercheurs ont mis en évidence un peuplement simultané de l’île par des populations d’origine malayo-indonésienne et africaine. Les malayo-indonésiens s’établissaient à l’intérieure de l’île alors que les africains occupaient les côtes. Les Malayo-Indonésiens apportent le taro, la culture du riz irrigué et la pirogue à balancier, les Africains la culture sur brûlis et le système des classes d’âge.
La découverte de Madagascar par les Européens a eu lieu au XVIème siècle. C’est le navigateur portugais Diégo Diaz, en route vers les Indes, qui est le premier Européen à approcher les côtes de Madagascar, en 1500. Il débarque sur la côte nord de l’île dans la baie qui porte son nom : Diégo. Celui-ci est devenu aussi le nom de la ville qui se trouve sur la baie. A cette époque, l’île a été nommée Saint Laurent.
Depuis le XVIIe siècle, les communautés se sont structurées en entités politiques. De nombreux royaumes existaient avant la conquête du Roi Andrianampoinimerina et l’unification de l’île par Radama Ier. Parmi ces royaumes, celui de Menabe, de Boina et Betsimisaraka, Betsileo, Antakarana étaient les plus importants. A l’heure actuelle, ces communautés structurées en royaume sont encore visibles à travers leurs cultes. Certains ont encore leur roi comme les Antakarana et ils ont encore beaucoup d’influence sur la population locale.
Après l’unification de presque toute l’île par le roi Merina au XIXe siècle et sous le règne de Ranavalona III, Madagascar est devenu une colonie française. En 1895, une expédition militaire française lancée contre Antananarivo vient à bout de la résistance de la reine Ranavalona III. L’année suivante, la Grande île entrait dans le grand ensemble de l’Empire coloniale Français. Deux ans plus tard, la reine a été exilée. La monarchie et la féodalité sont abolies, l’esclavage interdit. A peine entrée dans cette Empire français, la résistance anticoloniale malgache se manifeste. Elle est conduite par une société secrète, la Vy, Vato, Sakelika (fer, pierre, ramification). Beaucoup d’autres organisations ont suivi cette référence dans la conscience nationale.
La période d’après-guerre est marquée par la reprise de l’agitation nationaliste. Le soulèvement armé de mars 1947, qui a fait beaucoup de victimes chez les nationalistes a marqué la lutte pour l’indépendance. En 1958, la Constitution de la Ve République française est approuvée par 78 % de l’électorat malgache et Madagascar devient une république autonome dans le cadre de la Communauté française. L’indépendance n’est accessible qu’en 1960. Le 26 juin de cette année-là, le Président Philibert Tsiranana a proclamé que Madagascar est devenu un pays indépendant.
Après une décennie de stabilité politique, l’île est ébranlée par de graves troubles politiques et sociaux. L’histoire de la grande île est marquée par de nombreuses crises politiques : celles de 1972, de 1991 et de 2002 et le passage du Président Didier Ratsiraka au pouvoir avec le socialisme et la pauvreté accrue de la population.
La dernière crise, qui date de 2002, a laissé beaucoup de traces sur la vie aussi bien politique que socio-économique de Madagascar. Ses séquelles sont encore très perceptibles à l’heure actuelle. Le pays a du mal à se rétablir.
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