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Tsingy : forme karstique très singulier

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Ressemblant à un paysage d’une ville occidentale, en une échelle plus réduite, avec la succession ininterrompue de gratte-ciel, le Tsingy offre un paysage très typique. Madagascar est un des rares pays capable de vous offrir une occasion unique d’apprécier cette merveille de la nature qui n’a d’égale que sa beauté. Cette forme de lapiés spectaculaires se développe dans les massifs calcaires de Bemaraha, dans le sud-ouest, et celui de l’Ankarana dans le nord. Le nom de cette étonnante forme dérive d’un mot de dialecte sakalava « mitsingitsingy ou mitingitingy » qui signifie littéralement marcher sur la pointe des pieds. Elle est nommée ainsi en raison du caractère acéré de sa surface sur laquelle on doit marcher sur la pointe des pieds pour pouvoir la traverser.

Le Tsingy est le résultat combiné de la structure calcaire et de l’érosion causée par la pluie. L’eau pure dissout et ronge les calcaires peu à peu. Des fissures horizontales et verticales passent à travers le calcaire pour former des blocs rectangulaires ou trapézoïdaux. Les fissures forment des points de pénétration d’eau entraînant des lignes angulaires aiguës d’érosion. Entre les deux massifs sur lesquels le tsingy se développe, la Réserve de Bemaraha est la plus connue. La rareté et la beauté de cet ensemble géologique lui a value d’être classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. La réserve de Bemaraha est située au coeur d’une forêt sèche. Cette réserve formée par le massif ruiniforme essentiellement constitué de « tsingy » prolifère sur un relief très accidenté.

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Tsingy Rouge

Il y a 200 millions d’années, l’actuel plateau de Bemaraha était entièrement immergé sous la mer. Après un phénomène de régression marine, la mer s’est retirée en laissant les coraux et ses composantes. Au fil de quelques millions d’années, les coquillages et les coraux se sont soudés pour former des couches successives donnant une plaque sédimentaire gigantesque. Les érosions, plus précisément les dissolutions successives du relief calcaire notamment par des pluies acides, ont par la suite rongé les roches et ont donné naissance au célèbre lapiaz de couleur grise. Cette forme de surface de plateau est composée d’une table de calcaire déchiquetée en « clochetons ». A l’heure actuelle, les arêtes acérées se repartissent en un extraordinaire dédale minéral. Les roches en obus, en lames, en aiguilles, si caractéristiques s’étalent par-dessus ou se faufilent entre ce petit labyrinthe sur la surface du massif.

Quand au tsingy de l’Ankarana, il date aussi du Jurassique. Il a été formé de la même manière que le tsingy de Bemaraha. Les mêmes processus de transgression et de régression marines ont mis en place ce banc de corail qui était devenu un massif calcaire. Ensuite, c’est l’érosion par l’eau de pluie qui a fait le gros du travail pour façonner les différentes formes qui y subsistent actuellement.

La réserve de l’Ankarana à une centaine de kilomètre au sud de Diégo présente un tsingy très développé. Les roches acérées sont sillonnées par des crevasses plus ou moins importantes et supplantées par des obus qui sont prêts à s’effondrer à la moindre caresse. Le tsingy de l’Ankarana se divise en deux parties : le grand tsingy et le petit tsingy. Le grand tsingy surplombe une zone de canyon et de gorge plus ou moins profonds. Il est déployé sur une surface de près de 700 km2. Il est limité à l’Ouest par un escarpement rectiligne de 200 m de commandement appelé « mur de l’Ankarana ». A partir du point le plus haut de la réserve, vous allez avoir une vue imprenable de l’ensemble du grand tsingy. A partir de ce sommet, vous allez aussi pouvoir contempler le canal de Mozambique et tous ses petites îles (Le Mitsio, Tsarabajina,...).

En raison de la sècheresse, la perméabilité du substratum et la pauvreté du sol sur le tsingy, celui-ci a développé une flore très variée et très singulière. Il présente un fort taux d’endémisme. Nombre de plantes qui s’y développent sont endémiques de l’Ankarana et à fortiori de Madagascar. La faune de la réserve est très riche. Elle présente une grande variété de lémurien, de l’espèce la plus courante à celle qui n’existe que dans la partie nord de Madagascar. Le Mésite, l’un des oiseaux les plus rares de la planète se trouve également dans cette réserve.

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